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Réticences
 
"Ce n'est pas pour moi…", "Je ne veux rien savoir, je n'y comprends de toute façon rien du tout…", "C'est inutile, il est préférable de ne pas s'y risquer…". Voici quelques-unes des réactions typiques que l'on peut encore trop souvent entendre de la part d'adultes plus ou moins allergiques aux nouvelles technologies. Malheureusement, la musique est parfois la même auprès des représentants du corps enseignant. En effet, malgré les nombreux avantages offerts par l'utilisation des TIC en classe, leur emploi pendant les leçons est encore trop timide dans la majorité des écoles. Quels sont donc les freins à l'intensification de l'utilisation des TIC dans l'enseignement ? Qu'est-ce qui empêche de nombreux collègues à explorer les possibilités nouvelles offertes par le multimédia et les connexions Internet haut débit désormais généralisées?
 
Enquête québécoise
Une récente enquête effectuée auprès de plus d'un millier d'enseignants par François Larose de l'Université de Sherbrooke dresse un tableau plein d'enseignements sur l'état de l'intégration des TIC dans l'enseignement au Québec, pays traditionnellement montré comme pionnier en la matière. D'une part, avec 62% d'enseignants demandant à leurs élèves d'effectuer des recherches sur Internet et 44% les encourageant à utiliser des outils bureautiques, il semble à première vue que les TIC fassent désormais partie intégrante de l'univers scolaire québécois. Malheureusement, à côté d'une utilisation "consultative" d'Internet, les possibilités nouvelles offertes par les TIC ne sont que peu systématiquement exploitées. Seuls 11% des enseignants utilisent en effet la correspondance scolaire et 10% la diffusion de travaux d'élèves sur Internet. Les mêmes constatations peuvent être faites quant à l'utilisation de cédéroms ludo-éducatifs: si leur utilisation en classe tend à se généraliser, les classes réalisant et diffusant elles-mêmes des projets interactifs sont encore à chercher parmi un petit groupe de pionniers passionnés. Pourtant, les enseignants questionnés ont généralement une maîtrise convenable de l'outil informatique, d'ailleurs largement acquise par eux-mêmes, et la plupart ont une attitude positive au regard du recours aux TIC.

Ce qui coince
Les principaux freins à une utilisation plus pointue des TIC dans l'enseignement mis en avant par l'enquête québécoise sont de deux ordres. Sur un plan matériel, les enseignants se plaignent du vieillissement du parc informatique des écoles, en particulier en ce qui concerne les premiers degrés d'enseignement, ainsi que du manque de disponibilité des équipements en milieu scolaire. Sur un plan pédagogique, c'est un éventail de formations et surtout un accès à des ressources humaines compétentes qui font le plus défaut. La présence de personnes ressources dans les collèges est ainsi vivement plébiscitée par la plupart des enseignants sondés. D'autre part, le temps consacré à la préparation d'activités originales faisant un large emploi des TIC est également mis en avant comme frein à leur utilisation, en particulier chez les jeunes enseignants ne disposant pas de "routines opérationnelles" faisant appel à des moyens plus traditionnels.

Comment s'en sortir?
Heureusement, les solutions se montrent au final aussi nombreuses que les problèmes soulevés. Les écoles sont chaque mois un peu mieux équipées et des personnes ressources dans le domaine MITIC sont en formation, voir déjà engagées dans certains cantons. Ce sont finalement sur leurs épaules que reposera la responsabilité de mobiliser l'enthousiasme du corps enseignant à une intégration harmonieuse des TIC dans les classes. Il s'agira d'une part de consacrer le temps voulu à aider les collègues en difficulté, et d'autre part de montrer que l'utilisation des TIC en classe peut aussi à l'occasion faire gagner du temps. Aux élèves comme aux enseignants. Ne reste qu'à trouver comment.
 
Pour en savoir plus
 
Lien externeLes résultats de l'enquête et les commentaires